Vol en magasin :que faire et quel coût pour s'en protéger
Après un vol en magasin, la plainte conditionne l'indemnisation par l'assureur. Pour s'en protéger, un agent de prévention des vols se facture 23 – 30 € HT de l'heure.
- Toute personne, vous y compris, peut retenir sans violence un voleur pris sur le fait jusqu'à l'arrivée de la police.
- Un vol de 300 € au plus, commis par un majeur et constaté sur place, peut se régler par une amende forfaitaire de 300 €, marchandise rendue ou payée.
- Un agent en magasin coûte 23 – 30 € HT de l'heure ; depuis le 1er juillet 2026, il est payé au moins 6 heures, la facture se lit sur la proposition.
- Avant de signer, demandez la copie de la carte professionnelle que chaque agent doit avoir.
Le voleur est déjà sorti : par quoi commencer ?
Prenez une supérette de quartier, un samedi en fin d'après-midi. En remettant un rayon en ordre, vous constatez qu'il manque des produits. Les images de la caméra montrent une personne qui les glisse dans son sac et sort sans passer en caisse. Elle est loin, et personne ne sait qui elle est.

Premier geste : mettez l'extrait vidéo de côté. Devant le juge pénal, toute preuve est acceptée. Une vidéo qui montre le vol peut donc appuyer un procès-verbal, puis une condamnation. Elle ne suffit pas, en revanche, pour l'amende forfaitaire, la sanction rapide des petits vols : celle-ci suppose un vol constaté sur place.
La plainte vient en second. Le commissariat ou la gendarmerie est tenu de l'enregistrer, et vous repartez avec un récépissé à conserver. Quand l'auteur est inconnu, l'entreprise peut aussi porter plainte en ligne sur Ma Sécurité. Vous vous déclarez dirigeant ou mandataire de la société, puis vous joignez un extrait Kbis et le pouvoir qui prouve que vous agissez pour elle. La toute première fois, un rendez-vous au commissariat sert à certifier votre compte. Les fois suivantes, il n'est plus utile.
Prévenez enfin l'assureur. Sans plainte, pas d'indemnisation. Déclarez le vol dans le délai de votre contrat (pour un vol, vous avez au minimum deux jours ouvrés), et regardez si le vol de marchandises sans effraction est couvert.
Le voleur est encore là : ce que la loi vous permet
Quelques jours plus tard, la caissière voit un client cacher une bouteille sous sa veste et passer la caisse sans payer. Cette fois, vous pouvez agir sur place. L'article 73 du code de procédure pénale autorise toute personne à arrêter l'auteur d'un délit flagrant puni de prison, et le vol en fait partie. Le ministère de la Justice l'applique au magasin : l'agent de sécurité ou l'hôte de caisse qui voit le vol retient son auteur sur les lieux jusqu'à l'arrivée de la police ou de la gendarmerie.

Le délit doit être flagrant, c'est-à-dire en train de se commettre ou tout juste commis. Un simple soupçon ne suffit pas. Vous gardez la personne sans violence, le temps que la police arrive. Et vous n'ouvrez pas son sac sans son accord.
Récupérer la marchandise compte aussi pour la suite. Pour un petit vol, la sanction rapide possible suppose que l'objet ait été rendu ou payé.
Pendant l'attente, personne ne tient la caisse ni ne regarde les rayons. Et vous ne pouvez pas surveiller la porte tout en servant les clients.
Un agent de prévention des vols se choisit sur pièces : comparez les propositions de sociétés autorisées par le CNAPS pour le poste et les horaires de votre commerce.
Un vigile pour les soldes : combien pour quatre semaines ?
Les soldes d'hiver durent quatre semaines à partir de début janvier. Le magasin se remplit, et vous avez moins de temps pour les rayons. Inutile de payer un agent du matin au soir. Vous pouvez viser les heures chargées, avec un agent de prévention des vols du lundi au samedi, de 13 h à 19 h.

Cet agent travaille discrètement parmi les clients. Il repère les gestes suspects et peut constater le vol au moment où il se commet. Le vigile magasin que l'on imagine d'abord, posté à l'entrée pour être vu, tient un autre poste. Dans les deux cas, c'est un agent de sécurité titulaire d'une carte professionnelle du CNAPS, l'organisme public qui contrôle la sécurité privée, comme pour toute surveillance d'un lieu par un agent.
Pourquoi 6 heures et pas 4 ? Depuis le 1er juillet 2026, l'agent ne peut être ni planifié ni payé moins de 6 heures par période de travail. Le créneau de 13 h à 19 h respecte ce minimum, et c'est la proposition de la société qui dit ce qu'elle vous facture.
Le calcul part des repères de marché 2026 pour un agent de jour, en semaine, sous contrat de plusieurs semaines. 4 semaines × 6 jours × 6 heures donnent 144 heures. La période des soldes revient à 144 h × 23 – 30 € HT = 3 312 – 4 320 € HT. Quatre semaines comptent comme un contrat, pas comme une mission courte : c'est ce tarif qui s'applique.
Confier le poste : ce que vous demandez à la société
Un agent qui peut retenir un client chez vous doit être en règle. Demandez à la société la copie de la carte professionnelle de chaque agent qu'elle vous envoie. Le téléservice du CNAPS confirme qu'une carte est valide. Elle vaut 5 ans.

Pour recevoir des offres comparables, décrivez le poste tel qu'il est : un commerce, des vols, de la prévention des vols, l'après-midi, du lundi au samedi, pendant quatre semaines. Sur GVSP, vous pouvez décrire ce poste de prévention des vols une seule fois, et des sociétés autorisées par le CNAPS vous répondent chacune avec sa proposition. Vous les mettez côte à côte sur le même cas : le prix de l'heure, les horaires tenus, les cartes des agents. Faite plusieurs semaines avant les soldes, la demande vous laisse le temps de choisir.
Recevez vos offres en 4 étapes
Type de mission, code postal — 2 min suffisent.
Votre demande part à des sociétés de sécurité autorisées CNAPS proches de chez vous.
Les réponses arrivent par email. Conditions claires, sans surprise.
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Quelle procédure en cas de vol dans un magasin quand le voleur est identifié ?
La plainte en ligne de l'entreprise ne vaut que pour un auteur inconnu. Quand le voleur a été pris en charge par les forces de l'ordre, ou quand son identité a été formellement relevée, une autre voie existe : la plainte simplifiée, prévue en pratique pour le vol à l'étalage. Le commerçant remplit un formulaire spécifique, auprès de la police, de la gendarmerie ou du tribunal judiciaire dont il dépend. Dans une réponse de 2021, le ministère de la Justice la réserve aux vols « en deçà d'un montant déterminé », sans chiffrer ce seuil.

La fiche « Porter plainte » de service-public.fr ajoute deux points utiles au comptoir. Vous n'avez pas à nommer l'infraction : raconter ce qui s'est passé suffit. Et la démarche peut aussi se faire par courrier ou par visioplainte, une plainte par vidéo.
Que risque un voleur à l'étalage ?
En droit, le vol à l'étalage n'a pas de nom à part : c'est un vol simple. Ce délit est puni au plus de 3 ans de prison et de 45 000 € d'amende.

Pour un petit vol, la loi n° 2022-52 du 24 janvier 2022 a ouvert une sanction plus rapide : l'amende forfaitaire délictuelle. Selon un texte du ministère de la Justice du 5 juillet 2023, son montant est de 300 €, ramené à 250 € pour l'amende minorée et porté à 600 € pour l'amende majorée. Elle ne joue que si :
- l'objet pris vaut 300 € ou moins ;
- vous avez récupéré l'objet ou son prix au moment où le vol est constaté ;
- l'auteur est majeur ;
- le vol est constaté sur place, et pas seulement sur une vidéo.
Ce montant désigne ici deux choses différentes, la valeur maximale de l'objet et le montant de l'amende. Un objet qui vaut davantage sort de l'amende forfaitaire.
Le procureur peut aussi fixer ses propres seuils ou écarter certains objets : rien n'est automatique. La sanction reste courante : en 2024, 46 % des vols à l'étalage enregistrés ont été sanctionnés par cette amende, d'après le SSMSI, le service statistique du ministère de l'Intérieur. Si l'auteur conteste, le simple procès-verbal ne suffit plus : la plainte, les témoins et les images prennent le relais.
Braquage ou agression au comptoir : comment réagir ?
Un braquage n'a rien d'un vol à l'étalage. Face à un agresseur, le dépliant de la police et de la gendarmerie pour les commerces donne une consigne simple : ne vous opposez pas physiquement et gardez votre calme. Ensuite :

- retenez son signalement (vêtements, signes particuliers, corpulence), ce qu'il a touché, par où et comment il est parti ;
- une fois le danger écarté, composez le 17 et dites clairement pourquoi vous appelez ;
- fermez le commerce ou bloquez l'accès aux zones utiles, sans toucher aux objets laissés par les auteurs ;
- demandez aux témoins de rester, ou notez leurs coordonnées ;
- portez plainte.
Le même dépliant conseille de garder la caisse et les fonds hors de la vue du public, de changer d'horaires et de trajet pour déposer la recette, et de rester attentif à l'ouverture comme à la fermeture. Dès le premier salarié, le risque d'agression s'inscrit dans le document unique d'évaluation des risques, obligatoire pour toute entreprise qui emploie.
Quel rôle pour un agent de sécurité en magasin ?
Derrière le mot « vigile », les sociétés proposent en magasin trois postes, qui ne font pas le même travail.

| Poste | Où il se tient | Ce qu'il fait |
|---|---|---|
| Agent à l'entrée et en arrière-caisse | À la porte, après les caisses | Contrôle les entrées et les sorties, se montre aux clients |
| Agent de prévention des vols | Dans les rayons | Repère les vols pendant qu'ils se commettent |
| Agent vidéo | Devant les écrans du poste de sécurité | Signale un client suspect à ses collègues, suit l'intervention à l'écran, rédige un rapport |
L'agent vidéo, comme les autres, doit avoir une certification du métier (le CQP APS) et la carte professionnelle. Dans votre demande, nommez le poste voulu : le prix de l'heure est le même, le travail non.
Un vigile de magasin peut-il fouiller un sac ?
Un agent de sécurité titulaire de la carte peut regarder dans un sac : c'est l'inspection visuelle. Pour le fouiller, il doit avoir l'accord de son propriétaire. Si le client refuse en entrant, l'agent ne peut pas ouvrir le sac de force. Il peut lui demander de laisser son sac à l'entrée du magasin, et il fait alors appel à la police ou à la gendarmerie du secteur. Un refus ne l'autorise pas à retenir le client : seul un vol pris sur le fait le permet, comme à toute personne.
La palpation, c'est-à-dire passer les mains sur les vêtements, ne fait pas partie de la mission ordinaire d'un agent en magasin. Ces règles viennent des articles L613-1 à L613-3 du code de la sécurité intérieure, que résume la fiche de service-public.fr sur la fouille et la palpation.
Combien coûte un agent de sécurité en magasin ?
Le prix se dit par heure et par agent, hors taxes. Dans le magasin, il ne change pas avec le poste tenu, mais avec la durée de la mission et les horaires.
| Besoin | Prix | Cadre |
|---|---|---|
| Agent sur place ou de prévention des vols (entrée, rayons, écrans) | 23 – 30 € HT/h | Jour, semaine, contrat de plusieurs semaines |
| Renfort d'une soirée, d'un week-end, de quelques jours | 26 – 32 € HT/h | Mission courte |
| Rondes après la fermeture | 25 – 45 € HT/h | Ronde planifiée, prix de l'heure par agent |
| Vérification après une alarme la nuit | 45 – 65 € HT | Par intervention |
Ces repères ne comptent aucune majoration. Trois règles de salaire s'ajoutent, et leur effet sur la facture se lit sur la proposition :
- le dimanche, l'agent touche 10 % de plus que le taux horaire minimum de la convention collective, en plus des autres majorations ;
- un jour férié travaillé lui donne, en plus du salaire du jour, une indemnité du même montant, ou un repos équivalent ;
- les heures de 21 h à 6 h sont majorées de 10 % par la convention, ce qui concerne une nocturne tardive ou des rondes.
Trois cas courts, au tarif d'une mission courte : un samedi entier, puis une nocturne de 4 heures, selon que la société facture ou non les 6 heures payées à l'agent.
| Cas | Heures comptées | Total |
|---|---|---|
| Un samedi isolé, de 10 h à 19 h | 9 h × 26 – 32 € HT | 234 – 288 € HT |
| Une nocturne de 16 h à 20 h, facturée sur la période minimale | 6 h × 26 – 32 € HT | 156 – 192 € HT |
| La même nocturne, facturée au temps réel | 4 h × 26 – 32 € HT | 104 – 128 € HT |
La règle fixe le salaire minimum de l'agent ; c'est la proposition qui dit si la société vous facture 4 ou 6 heures. Sur un contrat long, le prix de l'heure peut baisser avec la durée, mais un agent proposé sous 21 € HT de l'heure doit vous faire vérifier que la société est en règle : à ce prix, le salaire conventionnel et les charges ne sont pas couverts.
Comment vérifier qu'une société de sécurité est autorisée ?
Confier la surveillance à une société ne vous retire pas votre propre responsabilité. Le CNAPS attend de l'acheteur trois gestes :
- signer avec une entreprise autorisée par le CNAPS, ce qui se vérifie en ligne sur son portail de consultation des titres ;
- contrôler l'agrément des dirigeants inscrits sur l'extrait Kbis ;
- garder la copie des cartes des agents.
Une société n'a pas le droit de vous démarcher, de signer ni de commencer avant d'avoir obtenu ces autorisations. Le CNAPS rappelle que vous, le client, restez responsable au titre du code de la sécurité intérieure et de la loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance ; si les règles ne sont pas tenues, la responsabilité pénale du commerçant peut être retenue avec celle de la société.
Un cas à part : l'agent posté sur le trottoir, devant la vitrine, travaille sur la voie publique. La société doit alors obtenir, avant la mission, une autorisation du préfet du département. Les autres pièces à réunir et les clauses à lire relèvent du choix d'une société de gardiennage.
Peut-on se faire aider gratuitement pour protéger son commerce ?
Oui. Le référent sûreté est un policier ou un gendarme de terrain, expérimenté. Il peut venir dans votre commerce, évaluer ce qui le protège déjà et vous conseiller, par exemple sur un projet de caméras. C'est gratuit, sans contrepartie ni obligation : il se demande au commissariat ou à la brigade dont dépend le commerce.
La gendarmerie propose aussi l'Opération Tranquillité Entreprises et Commerces (OTEC). Vous signalez votre commerce à la brigade, par exemple pendant une fermeture ou avant l'arrivée d'un stock de valeur, et des patrouilles pourront passer dans le secteur.
Côté matériel, un portique antivol coûte 750 – 1 500 € HT l'unité. Un projet de quatre caméras posées, enregistreur compris, revient à 1 500 – 6 000 € HT ; filmer les zones ouvertes au public demande une autorisation du préfet, et les règles de la vidéosurveillance d'un commerce s'appliquent.
Vos questions sur le vol en magasin et le vigile
Un vigile et un agent de sécurité, est-ce la même chose ?
Oui. « Vigile » est le mot courant ; les textes officiels parlent d'agent de sécurité, titulaire d'une carte professionnelle du CNAPS. Le prix de l'heure ne change pas selon le nom.
Quel est le salaire d'un vigile de magasin ?
En 2026, le salaire conventionnel d'un agent au coefficient 120 est de 1 883,85 € brut par mois, soit 12,42 € brut de l'heure. C'est la paie de l'agent, pas le prix facturé par la société, qui doit aussi couvrir les charges.
Combien de temps a-t-on pour porter plainte après un vol en magasin ?
Pour un délit comme le vol, la plainte reste possible pendant 6 ans. L'assureur, lui, demande une déclaration bien plus tôt, dans le délai prévu par le contrat.
Combien de temps garder les images des caméras du magasin ?
En principe un mois au plus, selon une fiche de la CNIL en cours de mise à jour. Seuls la direction, les responsables et les agents de sécurité doivent pouvoir les regarder, des panneaux visibles préviennent les clients, et il est interdit de filmer les cabines d'essayage et les toilettes.
Faut-il un agent SSIAP dans un magasin ?
La sécurité incendie est un autre métier, avec son propre diplôme, le SSIAP. Le type et la catégorie de l'établissement disent s'il en faut : voir <a href="/securite-incendie-ssiap/">les agents de sécurité incendie SSIAP</a>.
Comment obtenir plusieurs devis pour un agent de sécurité en magasin ?
Une seule demande, qui décrit le commerce, le poste voulu, les horaires et la durée, suffit : chaque société chiffre le même besoin, et les devis se comparent ligne à ligne.